Marie Dorin-Habert : bi-athlète, bi-maman

Chez MeroMero, on adore raconter des histoires, des vraies. Cette fois-ci, on s’arrête sur celle de Marie Dorin-Habert, notre nouvelle ambassadrice, championne de ski et de 22 long rifle. Oui, parce que Marie, ce n’est pas simplement une athlète, mais une BI-athlète. Non seulement elle skie, mais en plus, elle tire à la carabine. Etrange, effectivement. En fait, les gars se sont dit un jour, tiens, on va inventer un sport impossible, le genre d’épreuve où tu skies 15 km à fond (enfin… en skating 😬), poursuivi par d’autres skieurs, et tu dois t’arrêter de temps en temps à un stand de tirs, tout essoufflé, pour viser (debout et couché, histoire de varier les plaisirs) dans cinq petites cibles de quelques centimètres de diamètre. Et évidemment, si tu loupes ton coup, tu as droit à un petit tour de pénalité. Génial non ? Et ça s’appellerait du « biathlon » !

Vous l’aurez compris, à la base, ceux qui choisissent cette discipline sont déjà hors du commun. Et ça tombe bien, car Marie fait justement partie de cette catégorie-là. Sauf qu’en plus, elle, elle a décidé de complexifier encore plus le truc, en rajoutant une troisième épreuve : devenir maman, comme ça, entre deux saisons. Retour sur une histoire de maman (et d’athlète) pas vraiment comme les autres.

Hiver 2014, Marie finit sa saison par une troisième place en Coupe du Monde. Mais elle n’est pas seule sur le podium… A 28 ans, après 10 ans sur le circuit, et quatre mois de grossesse, elle en profite pour annoncer une pause dans sa carrière. Mais au final, ce petit « imprévu » dans le calendrier n’arrive pas par hasard. Marie est fatiguée et sent qu’elle a besoin de lever le pied… elle qui enchaîne les entrainements et les compétitions depuis le plus jeune âge. Elle passera donc l’été à se « reposer », à faire un peu de ski-roues et s’entrainer au tir. Elle accouche en septembre de sa petite Adèle. Aux premières neiges, en décembre, elle rechausse les skis et repart dès le mois janvier sur le circuit Coupe du Monde, comme si de rien n’était. A un petit détail près : elle était devenue maman.

Alors que tout le monde l’imaginait déjà « finie » ou du moins retraitée, Marie signe un podium en Coupe du Monde dès le mois février, soit moins de 5 mois après avoir accouché !!! Quand la plupart des femmes n’ont même pas encore attaqué la rééducation du périnée, Marie, elle, devient double championne du monde de Sprint, puis de Poursuite, et enchaîne avec deux médailles d’argent en Relais. Du jamais vu chez les dames ! Et encore moins après avoir donné naissance quelques mois plus tôt. Respect.

Mais Marie n’a pas dit son dernier mot et compte bien continuer sur sa lancée. Elle se sent bien, reposée, invincible… et n’a surtout plus rien à perdre. Parce qu’elle a déjà l’essentiel : une famille.

L’hiver d’après, alors qu’elle jongle entre son emploi du temps de maman et celui d’athlète de haut-niveau, elle signe sa plus belle saison en finissant 2ème du général de la Coupe du Monde. Mais le plus impressionnant sera réalisé lors des Championnats du Monde de la même année où elle remporte 6 médailles sur 6 épreuves : trois en or, deux en argent et une en bronze. Une performance seulement réalisée par deux autres athlètes dans toute l’histoire du biathlon !

En 2018, Marie est de nouveau fatiguée, épuisée par cette vie de sacrifices, d’efforts, de voyages et des moments loin de sa fille, même si elle se débrouille pour l’avoir toujours auprès d’elle. Mais c’est l’année des Jeux, donc elle va pousser une dernière saison… sans vraiment y croire. Après tout, ce sont ses dernières olympiades et elle pense arrêter sa carrière juste après. Elle y va alors sans pression, comme elle avait fait à son retour de grossesse. Elle cherche simplement à savourer ses derniers JO, ses dernières courses, ses dernières cibles, avant de raccrocher les skis et s’occuper enfin pleinement de sa petite famille.

Au final, Marie Dorin-Habert tirera sa révérence avec le titre de championne olympique en relais mixte et une médaille de bronze avec ses copines de l’équipe de France. Comme un point final à un palmarès impressionnant : 63 podiums en Coupe du Monde, 17 médailles aux Championnats du monde et 4 médailles olympiques.

Cette grande championne est aujourd’hui une jeune retraitée de 32 ans. Mais dans sa nouvelle vie, elle enchaine aussi les projets, comme si elle ne savait pas faire autrement que de faire plusieurs choses en même temps. Lorsque je l’ai rencontrée à Villard de Lans l’été dernier, elle avait du plâtre plein les cheveux et un ventre déjà bien arrondi. Avec son mari, Loïs Habert (ancien biathlète, entraineur et commentateur sur Europsport), elle s’est lancée dans un projet un peu fou : ouvrir un « hôtel à sportifs » en plein cœur du Vercors, au pied des pistes de fond de Corrençon. Zecamp a ouvert ses portes juste à temps pour l’arrivée d’Evie, leur deuxième fille.

Athlète, maman et maintenant entrepreneure… Marie a visiblement encore plusieurs balles de pioche, d’autant plus qu’elle est aussi diplômée d’un Master en biodiversité, écologie et environnement. Elle travaille donc en plus, à mi-temps, pour le Département de l’Isère au service des sports de pleine nature, en charge de l’éducation à l’environnement.

On est tellement fiers de l’avoir comme ambassadrice MeroMero ! On a alors profité d’un petit weekend famille dans le Vercors début mars pour faire quelques photos de cette maman active hors du commun et en même temps si accessible.

Vous pouvez la suivre sur son compte Instagram et si vous êtes de passage dans le Vercors, venez faire un tour ou un séjour à Zecamp. Parce qu’en plus, elle est super sympa 😉

Plus d’info sur www.zecamp.fr et sur son site officiel.

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