Mais qui se cache derrière MeroMero ?

Photo prise pour le Dauphiné Libéré 😉
Petite sortie "portage" avec Mauritz, au bord du lac d'Annecy
En route pour le Salon Baby 🙂

C’est toujours difficile de savoir combien de personnes travaillent pour une marque. Est-ce une personne seule qui fait ça à ses heures perdues (d’ailleurs, si vous en retrouvez, elles sont à moi, je les veux bien !) ou alors une startup de 12 personnes, qui prévoit d’en embaucher 5 autres dans les prochains mois ?

Nan… ni l’un ni l’autre. Ou plutôt un petit mélange des deux. MeroMero est une marque déposée, propriété de la SAS Outdoor Kids. Là on se dit, ouhaaaaa, une société, ce n’est donc pas une auto-entrepreneuse ? Là aussi, oui et non. En fait, légalement, je suis effectivement seule aux manettes de la société. On appelle même ça une SASu, car je suis l’unique associée. Y’a des jours, c’est bien, on se sent libre comme l’air. Enfin j’ai créé MA boite, je développe et fais fabriquer MES produits avec MES valeurs et je gère MON temps libre comme je le veux… Sauf que du coup, j’ai aussi MES problèmes, MES doutes, MES moments de déprimes, MES dettes aussi et pas beaucoup de temps libre au final. Là par exemple au moment où j’écris ces lignes, je devais être à la piscine en train d’enchaîner les longueurs… histoire de décompresser et de reprendre le sport après une grossesse. Mais, non, quand on est son propre patron, on est bien pire que le pire des boss qu’on a eu dans son autre vie. Enfin, surtout au niveau gestion de l’emploi du temps et des RTT. Des quoi ? ça existe encore ce truc ? (- grooooos soupir -) Au final… j’en rêve. Une bonne RTT qu’on demande à son chef et qu’on pose la veille pour le lendemain, rédiger le « out of office » qui dit qu’on est partis skier… Mais ça, c’était avant.

Bref, j’en étais où ? Ah oui, être seule… Ne pas avoir d’associé·e·s (il paraît que c’est comme ça qu’on doit écrire maintenant, utiliser des « points milieu » pour respecter l’égalité homme/femme). Il est où sur le clavier ??? Et on prononce comment ? Bref… je m’éloigne.

D’ailleurs, oui, l’égalité homme/femme est un vaste sujet dans l’entrepreneuriat. Les etrepreneurEs (car oui, là aussi, il faut féminiser le nom) ont été 40% a avoir créé leur entreprise « individuelle » en 2017 (on ne parle pas d’auto-entrepreneur), mais seulement 18% des startups. En fait, seulement 1 chef d’entreprise sur 5 est une femme. Autrement dit : les 4 autres sont des hommes… vaste sujet que je ne développerai pas maintenant.

Je disais donc… oui, être seule à monter sa boite. C’est sûr que j’envie les sartups qui se montent à plusieurs. A 3 par exemple : 3 copains, 3 spécialités, 3 cerveaux, 3 réseaux et surtout 3 x 24h  = 72h en une journée, le rêve !!! Non, moi faut que je fasse tout rentrer dans 24h, sachant que je suis une marmotte qui a besoin d’au moins 7h de sommeil. Oui… compliqué, surtout quand on allaite. Mais ça, je le développerai aussi dans un autre billet spécial super-working-mum.

Mais pour le moment, pour ce premier vrai « billet » du blog, je voulais surtout vous raconter l’histoire de MeroMero. Du coup, il est un peu long. J’essayerai de faire plus cours pour les prochains, promis.

L'idée de départ (mars 2014) : un sac à langer de portage ?!?
Conception du 2ème proto à Annecy (mars 2016)
Test du proto en mode "portage" avec Léon à la Torche (été 2016)

Si vous êtes encore là, c’est cool, c’est que je ne vous ai pas encore perdu. Vous allez donc découvrir la petite histoire de MeroMero. En 2014, j’ai croisé la route de Juliette. Une fille super, une jeune maman qui, comme moi, avait repris ses études pour changer de vie. On a passé plusieurs mois à développer une idée que j’avais dans la tête : un sac à langer de portage. Quelle idée ! Ben oui, quand tu deviens maman, déjà tu découvres l’existence du mot « sac à langer », puis éventuellement, son utilité. Du coup, on se retrouve souvent avec un gros sac moche dans un bras, et un bébé dans l’autre. Alors pourquoi ne pas utiliser un sac pour 1. mettre les affaires du bébé sans avoir l’air d’être au bout de sa vie (niveau look) et 2. pour porter son bébé ? En gros, il fallait développer le sac à langer idéal. Plutôt cool comme sujet, non ? D’ailleurs, on a eu la meilleure note 😉 Puis les profs nous ont challengées : « vous avez pensé à commercialiser ce sac » ? « Euhhhh, non, pas vraiment ». On était plutôt en mode « étudiantes » à répéter la présentation, la veille à 22h38. Mais oui, tiens, pourquoi pas ! Juliette part faire son stage chez Columbia en gestion des ventes et moi chez Eider en développement produits. Mais au moment de se lancer, Juliette a dû faire des choix qu’elle ne regrette sans doute pas aujourd’hui. Et moi, sans trop me poser de questions (et surtout après avoir essuyé plusieurs refus à des postes qui me correspondaient parfaitement), j’ai décidé de me lancer. Oui c’est un peu le sentiment que j’ai ressenti : se jeter dans le vide, sans voir le fond, sans savoir vraiment où l’on va « tomber », ni quand, ni si l’atterrissage va être douloureux ou pas (jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien…). On y va quoi. Je suis donc repartie toute seule dans ce projet un peu fou : monter sa boite, lancer sa marque, développer un produit, trouver les matériaux (éco-responsables !), faire fabriquer (en France ou en Europe), convaincre et enfin vendre… Tout ça toute seule, avec un petit de 2 ans et un mari qui bosse beaucoup aussi. Est-ce que j’en suis capable ? J’en sais rien. En tout cas, c’est sûr que si je n’essaye pas, je ne peux pas le savoir. Il me restait un an de chômage, autant essayer de créer son emploi, voire d’autres !

Puis après plus d’un an d’études de marché, de R&D, de normes, de recherche de financements, de paperasse, de doutes et d’espoirs… bref, au moment où j’en avais le plus besoin, où je me sentais terriblement seule, j’ai re-croisé la route de Muriel, une amie que je n’avais pas vue depuis un bout de temps. Elle voulait tenter l’aventure et m’a aidé sur le lancement de la marque. Puis je me suis de nouveau retrouvée seule… enfin, pas vraiment, puisque j’ai appris que j’étais enceinte. Une inconscience pour certain, une chance pour d’autre. En tout cas, un cadeau pour moi. Bon, ok, un petit challenge aussi, que je vous raconterai plus tard.

Le paradoxe dans cette histoire de solitude entrepreneuriale, c’est que je n’ai jamais été aussi accompagnée en fait ! Et surtout encouragée : ma famille qui n’en revient toujours pas, mon mari qui me soutient (même s’il me demande des comptes régulièrement), mes amis qui m’achètent mes produits et qui me disent de ne rien lâcher, et certains qui jouent même les modèles le temps d’un shooting photo ou vidéo, mes fournisseurs qui me font confiance et qui croient en mon concept, les revendeurs qui y croient aussi et qui jouent le jeu, mon banquier qui ne m’a pas encore appelé, mes « business angels » à moi… mes coachs du business plan et de l’innovation : CCI, Thésame, IGA… Ils n’ont pas investi leur argent personnel (quoique, certains sont devenus des clients ;-), mais beaucoup de temps et surtout tout leur soutien) et bien sûr, tous les clients et utilisateurs, qui sont de plus en plus nombreux et que je considère comme membres du clan MeroMero.

J’ai commencé à les lister, à écrire le prénom de tous ceux qui ont croisé un jour ma route, m’ont encouragée et ont contribué de près ou de loin, à la naissance et au développement de MeroMero. Mais j’ai trop peur d’oublier quelqu’un. En tout cas, les personnes, si elles sont arrivées jusqu’à ces lignes, se reconnaîtront. Et il y en a même plusieurs qui l’ignorent mais qui, par leur conseil ou leur attitude (même négative), m’ont aidée à prendre certaines décisions.

Une spéciale dédicace quand même à Blandine puis Laura, qui ont délibérément choisi de faire leur stage au sein de « MeroMero ». Elles ont découvert la vie d’une startup et la réalité des femmes et mamans entrepreneur.e.s…

« She believed she could so she did »

Merci 😉

Commentaires (4)

  1. MilAkk 15 novembre 2017 à 23:51

    Bravo bravo bravo. C’est toi la meilleure !!!!!

  2. MilAkk 15 novembre 2017 à 23:51

    Bravo bravo bravo. C’est toi la meilleure !!!!!

  3. Oléon 15 novembre 2017 à 13:50

    Bravo à toi Hélène et longue vie à Mero Mero

  4. Oléon 15 novembre 2017 à 13:50

    Bravo à toi Hélène et longue vie à Mero Mero

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